INTERVIEW

Aujourd’hui nous recevons Maître Karine MAZAND MBOUMBA TCHITOULA, Avocate au Barreau de Paris et de Madrid, spécialisée en propriété intellectuelle et droit des sociétés. Maître MAZAND est également la fondatrice du cabinet MMT AVOCATS .

Maître MAZAND, en quoi consiste concrètement votre métier ?

Mon métier consiste principalement à apporter du conseil juridique à mes clients et à les assister en cas de litige.

J’interviens dans la rédaction de leurs contrats, la protection de leurs créations, la sécurisation des aspects numériques de leur activité et les accompagne globalement sur des points stratégiques.  

Quelle est la journée type d’un avocat en droit des affaires ?

Ma journée type ne correspond pas du tout à une journée classique en cabinet d’affaires en raison d’une activité fortement digitalisée.

Les rendez-vous des nouveaux clients sont pris sur un agenda en ligne et n’ont lieu qu’une fois par semaine.

Une journée type commence donc par une mise à jour des dossiers en cours pour évaluer les priorités et les urgences. Je réponds aux mails deux à trois fois par jour pour ne pas être constamment interrompue.

Les cabinets d’avocats, un environnement difficile et concurrentiel ?

Je pense que cela dépend de comment on se positionne. Il y a beaucoup d’avocats, mais il y a une grande diversité de cabinets. Tout dépend de ce qu’on propose. Difficile et concurrentiel ne sont pas les mots que j’utiliserais, en revanche je pense que c’est un environnement où il est utile et nécessaire de se positionner clairement et se différencier.  

Quelles sont les qualités nécessaires pour être un bon avocat d’affaires ?

Il y a autant de bons avocats d’affaires qu’il y a d’attentes de la part des clients. Pour moi un bon avocat d’affaires doit être flexible, capable de se mettre dans la peau de son client et à l’écoute pour comprendre les problèmes posés au-delà du juridique. Il ne doit pas se limiter aux questions de droit : comprendre le monde des affaires et garder l’esprit ouvert afin de trouver des réponses innovantes aux problématiques posées en étant proactif.

On observe de plus en plus, une vraie prise de conscience quant à la sécurisation de la marque. Quel conseil donneriez-vous aux porteurs de projet quant au choix de leur marque ?

De prendre le temps d’analyser avant de déposer une marque.

S’ils sont sûrs du signe qu’ils souhaitent déposer, il faut entamer les recherches d’antériorité, évaluer les risques d’opposition et faire le dépôt le cas échéant.

Si en revanche ils démarrent sans trop savoir encore si les signes qu’ils utilisent seront les définitifs, il vaut mieux prendre le temps mais ils peuvent vérifier quand même la disponibilité pour envisager la suite.

Déposer une marque est une question stratégique de développement ou d’investissement.

Pensez-vous que l’on puisse considérer un avocat comme étant un entrepreneur ?

Absolument et je me considère avocate-entrepreneure. C’est une profession libérale réglementée, certes, mais notre quotidien est ponctué des mêmes obligations que celles de n’importe quel chef d’entreprise. De plus en plus, nous prenons conscience que nos cabinets sont des entreprises et l’ouverture apportée par la loi Macron à notre profession nous permet d’envisager notre développement avec des stratégies plus « commerciales ».

L’entrepreneuriat est devenu une véritable option en termes de choix de vie. Quel conseil donneriez-vous à un porteur de projet ?

Mon conseil est d’envisager les choses avec passion mais aussi avec stratégie. Il ne s’agit pas juste de se lancer et foncer tête baissée mu par la passion. Il est important de regarder son projet dans son ensemble et prendre la mesure de ce qu’il faudra construire parce que finalement, c’est de ça dont il s’agit. Mettre des fondations solides, prendre le temps d’avancer à son rythme en consolidant les acquis au fur et à mesure. Je recommande de ne pas négliger les aspects juridiques et les considérer comme faisant partie de la stratégie.

Nous remerçions Maître MAZAND MBOUMBA TCHITOULA, de nous avoir accordé cette interview et de nous avoir éclairé sur le métier d’avocat et particulièrement sur la propriété intellectuel et la sécurisation de la marque.